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Architectes : formation tout au long de la vie
Le Conseil national de l'Ordre des architectes et les présidents des conseils régionaux ont décidé de s'engager en faveur de la formation continue obligatoire des architectes inscrits à l'Ordre. "Le code de déontologie, en vigueur depuis 1980 prévoit déjà que l'architecte libéral doit entretenir et améliorer ses compétences. Mais sans plus de précisions ni de contrôle de cette obligation. L'engagement unanime du Conseil national et des conseils régionaux vise à rendre effectif ce principe en développant chez les architectes une culture de la formation continue, et en adaptant l'offre de formation", indique Laurence Croslard, vice-présidente du CNOA (Conseil national de l'Ordre des architectes), en charge du dossier de la formation continue.
L'Ordre des architectes souhaite promouvoir une démarche fondée sur l'engagement personnel et la liberté de choix du parcours de formation. "À l'instar de ce que fait la profession en Grande-Bretagne, nous souhaitons inviter les architectes à s'engager tous les ans en mars, à énoncer leurs souhaits de formation sur une 'feuille d'engagements' ", détaille Laurence Croslard.
CRÉER UNE CULTURE DE LA FORMATION
Avec un travail simultané d'adaptation de l'appareil de formation, la profession table sur l'utilisation par chaque architecte d' "une quarantaine d'heures de formation: vingt heures de formations sous la forme de face-à-face pédagogiques et vingt heures d'information/formation via des colloques, des salons, des lectures, etc.". L'appétence des architectes pour la formation doit être sollicitée "le plus tôt possible". "Nous travaillons beaucoup, depuis quatre ou cinq ans, sur la mise en place de formations pour les jeunes inscrits au Conseil de l'Ordre." Ils sont frais émoulus de l'école mais "n'ont aucune connaissance en matière de gestion d'entreprise, gestion des contrats de travail, etc.".
À partir d'une expérimentation menée en Bretagne, le Conseil national a mis en place pour chaque jeune nouvellement inscrit une session de dix jours de formation au cours de la première année d'installation, à raison d'une journée par mois. Le Conseil national accorde également une aide aux centres de formation qui participent à cette opération pour qu'ils puissent proposer des formations à coûts réduits aux jeunes architectes.
L'offre de formation continue des architectes libéraux est organisée en treize pôles de formation, régionaux ou interrégionaux initiés par la DAPA (Direction de l'architecture et du patrimoine). Ces pôles regroupent les centres de formation de la profession et quelques écoles d'architecture qui dispensent des formations continues ainsi que les CAUE (Conseils d'architecture, d'urbanisme et d'environnement) et certaines universités. "L'objectif est de réunir dans ces pôles, l'ensemble des partenaires qui, au niveau régional, peuvent contribuer au développement de la formation des architectes libéraux." Ces pôles contribuent également à la création d'un réseau pour les architectes qui sont "très dispersés sur l'ensemble du territoire et parfois très isolés".
FINANCEMENTS INSUFFISANTS
Les deux raisons les plus fréquemment invoquées par les architectes pour expliquer leur faible engagement dans la formation sont le manque de temps et le coût. Il existe bien une contribution annuelle à la charge des architectes libéraux pour financer leur propre formation, prélevée par l'URSSAF et gérée par le FIF-PL, le fonds d'assurance formation interprofessionnel des professions libérales (hormis les médecins), créé à l'initiative des organisations professionnelles, membres de l'UNAPL (Union nationale des professions libérales), "mais les remboursements du FIF-PL sont dérisoires", remarque Laurence Croslard.
"Les architectes libéraux ne disposent pas de ressources suffisantes pour financer leur formation", confirme Jean-Paul Scalabre, vice-président du Syndicat de l'architecture, l'un des deux syndicats "patronaux" de la branche avec l'UNSFA (l'Union nationale des syndicats français d'architectes), qui "soutient l'engagement de l'Ordre des architectes". D'après le vice-président du Syndicat de l'architecture, qui n'a pas de représentant au sein du FIF-PL, il faudrait "rendre ce fonds moins opaque".
Parmi les formations les plus demandées par les architectes figurent les formations au développement durable, la construction en bois, l'urbanisme, le patrimoine, les formations sur le thème "villes et territoires", et depuis peu, "les formations au management qui sont en plein développement", confie Laurence Croslard.
Voir aussi le dossier : La formation d'architecte/Urbaniste








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