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Ascensoriste : peut mieux faire
Si la Loi Robien 2003 imposant des dispositifs de sécurité dans le parc d’ascenseurs français n’a guère suscité la controverse, eu égard à une série d’accidents ayant suffi à sensibiliser l’opinion, le chantier colossal qu’il a suscité soulève bien des interrogations. Il est vrai que notre parc d’ascenseurs a la réputation d’être le plus vétuste d’Europe, avec ses 450 000 cabines dont la moitié a plus de 20 ans d’âge.
Si les pouvoirs publics ont pris la mesure de l’urgence à réhabiliter le parc français, il semble que l’on ait péché encore une fois par manque d’anticipation. Face à l’ampleur de la tâche, il était pourtant aisé de deviner que le nombre d’entreprises susceptibles de répondre à la demande serait restreint.
Du coup, le devis moyen par ascenseur s’élève à 22 000 euros, soit presque deux fois plus que le montant initialement avancé par les pouvoirs publics. Faute de concurrence, les entreprises spécialisées ont logiquement su tirer avantage de leur position favorable sur un marché extrêmement concentré. Face aux co-propriétés placées devant le fait accompli et déconcertées, les entreprises ont beau jeu de brandir l’argument sécuritaire pour les convaincre de lâcher un peu plus.
Quatre entreprises se partagent aujourd’hui 90% du marché des ascenseurs en France (Koné, OTIS, Thyssen, Schindler), des entreprises qui ne peuvent être sur tous les fronts en même temps. C’est la raison pour laquelle le délai, initialement imposé par la loi, a été repoussé.
Manque de formation
Côté anticipation, les pouvoirs publics sont loin du compte, c’est rien de le dire. Le manque de main d’œuvre pénalise les chantiers, et parmi les 1500 techniciens recrutés cette année, le renfort est loin d’être suffisant, la faute à l’incurie des services du Ministère du travail, qui ont oublié de saisir immédiatement cette opportunité pour relancer l’apprentissage.
Tandis que les employeurs de plaignent de la difficulté à trouver un personnel opérationnel, notre système de formation est en vacances, alors que nous traversons une crise de l’emploi sans précédent. Ainsi, du côté de l’AFPA, réputée pour ses formations techniques, pas grand chose ou presque à signaler et malgré un regain d’intérêt des chômeurs pour un des rares métiers qui embauche cette année, trouver une formation d’ascensoriste relève de l’exploit.








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