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Intégration des jeunes
Entreprise nationale de bâtiment, travaux publics et services, Cari prévoit l'embauche de 700 collaborateurs en 2007. Un programme spécial d'insertion des jeunes dans l'entreprise mobilise actuellement 70 formateurs dont 5 à temps plein.
"Avoir dans l'équipe RH des personnes qui ont la légitimité du terrain, qui ont travaillé sur les chantiers auparavant est très efficace", constate Nathalie Malan-Manigne, DRH chez Cari, entreprise de BTP employant 2 400 salariés. D'où le choix de la société de privilégier la formation interne, conduite par des formateurs issus du terrain. Ainsi, en 2006, "Cari a formé 65% de ses stagiaires".
L'entreprise compte actuellement 70 formateurs internes, dont 5 temps plein, et 65 à temps partiel. Leur tâche principale est d'encadrer le dispositif "Cari jeunes", destiné à des personnes de 18 à 26 ans (35 pour les femmes) sans aucune expérience dans le secteur du bâtiment, souvent sans qualification. Les jeunes sont recrutés par l'intermédiaire des maisons de l'emploi, des PLIE (plans locaux pour l'insertion et l'emploi), ou encore par cooptation. Après deux mois d'immersion sur les chantiers, en intérim, ceux qui le souhaitent et qui répondent aux attentes de l'entreprise sont embauchés en CDI. Ils suivent alors une formation de huit mois alternant théorie dans les locaux de la société et pratique sur les chantiers. À l'issue des dix mois, environ 70% des candidats sont intégrés dans l'entreprise. "Les jeunes reçoivent une formation de base intitulée 'constructeur béton armé', qui leur permet de toucher un peu à tout", explique Amado Garrido, responsable de formation interne. "Mais c'est sur le chantier qu'ils font l'essentiel de leur formation."
"cari jeunes"
Depuis fin 2004, date de création du dispositif, 118 jeunes ont été recrutés. Le suivi instauré lors de leur formation se poursuit pendant plusieurs mois afin d'assurer la réussite de leur intégration. À l'origine, l'entreprise avait instauré ce programme en partenariat avec des CFA (centres de formation des apprentis). "Maintenant, on internalise au maximum, car la formation dispensée par les CFA n'était pas adaptée", indique Nathalie Malan-Manigne. Si les difficultés rencontrées relèvent "plutôt de problématiques de matériel, d'équipement" insuffisants ou inadaptés, d'autres obstacles se sont posés. Ainsi, un enseignant ne portait pas le casque de sécurité sur les chantiers, et n'obligeait pas ses élèves à le porter, ce qui a posé problème pendant les périodes de formation pratique, les ouvriers de Cari étant choqués d'une telle attitude.
Les formations dispensées dans le cadre du dispositif "Cari jeunes" ne sont pas qualifiantes, la DRH ayant constaté que "le diplôme ne faisait pas l'objet d'une forte demande". Ainsi, selon elle, quand Cari travaillait encore avec des CFA, "les jeunes n'allaient pas forcément passer le CAP" (certificat d'aptitude professionnelle). En revanche, ils bénéficient d'une reconnaissance professionnelle interne, par l'augmentation de leur coefficient, qu'ils peuvent faire valoir lorsqu'ils partent pour une autre entreprise du secteur.
Place au tutorat
Lors de leur formation, les jeunes sont encadrés par des tuteurs, recrutés sur la base du volontariat parmi les "salariés qui ont montré dans leur travail une envie de transmettre leur savoir-faire", indique Nathalie Malan-Manigne. Les salariés volontaires reçoivent, le cas échéant, une formation. "Ils travaillent peut-être plus encore sur le comportement que sur la technique", note Amado Garrido. Le coût du dispositif "Cari jeunes" est pris en charge intégralement par la direction générale, et est donc exclu de la masse salariale des chantiers, qui ont un budget serré.
L'entreprise a par ailleurs décidé de formaliser la procédure du tutorat, par la mise en place d'une charte d'engagement et d'un livret de suivi notamment. "Cela ne plaît pas, car les ouvriers ne sont pas des gens de l'écrit", note la DRH. "Mais cela nous permet de suivre les binômes, de vérifier qu'ils fonctionnent bien, et d'éviter qu'ils soient séparés en fonction des chantiers." Le travail supplémentaire des tuteurs est reconnu par une prime de 100 euros par mois, versée à la fin de la formation du jeune. La reconnaissance professionnelle reste, elle, "informelle", mais la DRH indique travailler à des dispositifs de reconnaissance plus efficaces.
Outre le dispositif "Cari jeunes", l'entreprise développe des parcours de formation plus individualisés, destinés en particulier aux "jeunes à potentiel", c'est-à-dire aux cadres. C'est ce que la société appelle les "parcours initiatiques": sélectionnés par leur hiérarchie, ils intègrent un parcours d'un an visant à "se former, partager la culture d'entreprise, développer [leur] sens de l'innovation".
Cari consacre environ 4,5% de sa masse salariale à la formation professionnelle. L'entreprise privilégie le plan de formation, qui permet de dispenser à la fois les formations réglementaires, collectives, et des actions de maintien dans l'emploi et de développement des compétences individuelles. Pour 2007, le budget prévisionnel du plan est fixé à 1,5 million d'euros pour 27 719 heures de formation. Mais la DRH affirme que ce budget pourrait augmenter d'un million d'euros en fonction des demandes des salariés, comme cela a été le cas en 2006.








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